Biographie

Née en 1987 dans le centre de la France, Tiphaine Populu de La Forge passe son enfance à la campagne entre rêverie, isolement et cabanes dans les arbres, dessin et écriture. Après des études d’Histoire de l’art et de Lettres modernes (diplômée en 2009 et 2010), elle enseigne la littérature en lycées avant de se consacrer à la photographie et poursuivre l’histoire des deux générations de photographes qui la précèdent.

En 2015 elle réalise ses premières photos à la chambre grand format et s’intéresse aux procédés alternatifs. L’emploi d’un matériel contraignant à une certaine lenteur dans la prise de vue, le recours à la mise en scène et l’approche matérielle de l’image, l’amènent à développer une poétique photographique de transfiguration du réel. La photographie est pour elle un moyen privilégié pour tenter de restituer la présence des sujets choisis, de réécrire la réalité pour rendre le monde plus habitable.

Tiphaine Populu de La Forge vit et travaille actuellement en Touraine.


Expositions / Exhibitions

 

2019. Rue Bel-Ébat - Natures in.dociles - en duo, Galerie La Boîte Noire, Tours,

France.

2017. Défaillances - Festival Les Photographiques (programme associé), Le Mans,

France.

Défaillances - XL Art Biennale des grands formats, Saint Antoine du Rocher, France.

Défaillances - Salon international du livre rare et de l'objet d'art, Grand Palais, Paris, France.

Défaillances - Galerie Veyssière Sigma, Tours, France.

 


Prix / Awards

 

2019. Rue Bel-Ébat, Monovisions Photography Award, , 2nd place "Fine Art".

Collapse, 5th ed. of Fine Art Photography Award, nominee in "Open Theme" series.


Textes

" Tiphaine POPULU DE LA FORGE instille des gouttes de collodion humide dans ses yeux pour regarder autrement, créer un passé imaginaire. Le temps de pose devient durée argentique, s’éprouve au palladium-platine, rejoint les pionniers de la photographie.

Comment habiter en soi, alors que le corps se délabre, à l’instar de ces maisons à l’abandon, où les lambeaux de papier peint sont une peau d’avant, une peau d’antan, en nostalgie d’instants ? Comment se regarder, entre fragile nudité, absences et impermanences ?

Écouter le murmure de murs oubliés. Dessiner l’image intime enfouie au plus profond de soi. Vivre le corps performances, le corps histoires, le corps écritures. Déchiffrer les fêlures, les Défaillances ou évanescences, pour recomposer un voyage intérieur en noir et blanc, oscillant entre frictions et fictions. Une quête inlassable, qui interroge la mémoire, la fuite du temps, le portrait où l’accessoire devient sens d’identités.

Puis surgit un autre regard, coloré de pastel, celui de l’inquiétude face au changement de climat. Collapse (chute, effondrement) investit des chambres désertées. Visions prémonitoires, où sécheresse, pollution, grêlons et extinction des oiseaux semblent s’imprimer sur les cloisons et les plafonds. Impressions d’immenses photographies, que l’œil révèle, bien avant le déclencheur et l’alchimie secrète de la chambre noire. Épreuves grandeur nature. Images divinatoires, où une chaise devient signe de fuite, une porte dérobée recherche d’issue de secours, un radiateur perdant son eau allégorie de la fonte de la banquise.

Comment habiter ce monde mutant ?

Périls en la demeure pourrait être le trait d’union de ces images, mystérieuses et fascinantes. "

René-Charles GUILBAUD, Historien d’art

(octobre 2019)

" Je ne sais pas comment présenter le travail de Tiphaine, mais je peux dire pourquoi il m’a plu.

Notre rencontre s’est faite autour des procédés anciens. J’avais déjà vu des ambrotypes, originaux et reproductions, mais ce procédé ne me séduisait pas énormément.

Cette technique est difficile, c’est du collodion humide. Il faut donc préparer la plaque, l’exposer plusieurs secondes puis la développer dans un temps très court, car dès qu’elle est sèche, il est impossible de la traiter. Cette procédure délicate est si contraignante qu’une grande majorité d’ambrotypistes se limitent au portrait. La pose est généralement figée à cause du long temps de pose et les plaques présentent des tâches, des coulures ou des bords déchirés car l’étendage du collodion sur le verre est un geste difficile à maîtriser.

Bref, au simple énoncé du mot ambrotype, je sais déjà ce que je vais voir.

Avec Tiphaine, je croyais savoir... et j’avais tort.

Avec ses images elle m’a surpris, et c’est tout ce que j’espère de la photographie : la surprise."

Pascal MIELE, journaliste Chasseur d’Images,

dans le cadre de l'exposition DÉFAILLANCES

à la galerie Veyssière Sigma, février 2017